Les 6 choses à savoir sur les professionnels de la responsabilité sociétale et du développement durable

20130107-142225.jpg

Image courtesy of Salvatore Vuono / FreeDigitalPhotos.net

Un grand nombre d’articles a été écrit sur les nouveaux métiers des médias sociaux, cette nouvelle réalité numérique qui contamine le monde entier.

Une autre révolution prend place dans les organisations, celle de leur responsabilisation plus structurée. En effet, ce mouvement est mondial et pour ceux qui en doutaient et qui voyaient cela comme une mode, le Sommet de Rio a fêté ses 20 ans, et pour ma part, je ne pense pas manquer de boulot de si tôt. (j’utiliserai « professionnel de la RSO » dans ce texte pour « responsabilité sociétale des organisations »)

Mais qu’est-ce que ce nouveau spécimen de professionnel? De quoi se nourrit-il et que faut-il savoir sur eux quand nous les rencontrons?

Après mon billet sur les 6 qualités d’un expert en RSO, voici 6 éléments qui me viennent en tête, je vous invite à en ajouter:

  1. La discipline de la RSO peut être comparée à un domaine comme l’ingénierie, c’est-à-dire que l’on ne peut pas simplement être ingénieur, il faut être ingénieur « en quelque chose « . Le domaine de la RSO est identique, si vous rencontrez un professionnel, il doit avoir une spécialité. Méfiez-vous des gens spécialisés dans tous les domaines. Pour ma part, c’est l’intégration de la RSO dans les structures corporatives. Ne me demandez pas si votre matière putrescible est compatible au bioréacteur… Bien entendu, des disciplines connexes sont possibles.

2. Les professionnels de la RSO sont divisés dans différentes écoles de pensées se trouvant entre deux pôles, l’activiste-revendicateur et le négociateur. Notez bien que ce sont des pôles comportementaux ici et non des pôles politiques, ou idéologiques.

3. Il ne faut pas faire l’erreur de penser qu’un est « à gauche » et l’autre « à droite », c’est caractéristiques ne vont pas nécessairement avec le métier bien que traditionnellement, ce sont des gens se disant « à gauche » qui ont gravité vers notre domaine.

4. Notre travail est une vocation, le salaire est une des raisons, mais ce n’est pas notre motivateur principal. Les gens de mon réseau sont motivés par l’impact de leurs actions sur leurs organisations et sur la société. Cette nuance est importante.

5. Donc si vous voulez motiver un professionnel de la RSO, montrez-lui l’impact de ses actions.

6. La question qui leur brûle les lèvres est « pourquoi »? Le sens de leur action est très important.

7. Avez-vous d’autres suggestions?

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le métier et ses conditions:

The CR & Sustainability (CR/S) Salary Survey, brought to you by Acre, Carnstone, Flag and Ethical Performance, has been developed to provide a comprehensive insight into the salaries & benefits, responsibilities and backgrounds of people working in the sector – both in-house and for external consultancies.

My presentation at the John Molson Sustainable Business Day

Here is the visual of my conference at the John Molson sustainable business group.

Note:Prezi is a great presentation software but its compatibility with wordpress is not perfect. Furthermore, it is a flash-based software so to view it correctly on Apple hardware, you should download the Prezi-viewer app.

Développement durable et innovation organisationnelle : une adaptation de l’entreprise à son environnement

Le développement durable est trop souvent considéré comme une innovation modulaire dans les organisations. Ainsi, il prend forme autour d’enjeux spécifiques tels que les relations communautaires, l’écoconception, l’analyse du cycle de vie, l’environnement et, plus rarement, autour des systèmes de gestion des organisations.

Une stratégie de développement durable ne se base pas sur des enjeux, mais sur les processus et systèmes qui gèrent (ou non) ces enjeux. En fait, si l’on compare une organisation à une personne morale, sa « façon de penser » est son système de gestion. Einstein a dit : « on ne peut pas résoudre des problématiques avec les mentalités qui les ont créées ». Dans ce contexte les organisations, pour survivre, doivent faire évoluer leurs systèmes de gestion. Et pour cela, le développement durable doit désormais faire partie intégrante de l’équation économique.

POUR LIRE LE RESTE DE L’ARTICLE ALLER SUR LE SITE DU RÉSEAU ENTREPRISES ET DÉVELOPPEMENT DURABLE.

Les 6 qualités d’un expert en développement durable et RSE

Image: FreeDigitalPhotos.net

Dans ma pratiques, non seulement j’ai la chance de travailler avec des gens exceptionnels, j’ai aussi le plaisir de cotoyer beaucoup d’experts du domaine dans d’autres organisations. Voici une courte liste (que je vous invite à allonger) qui présente les qualités « essentielles » d’un expert en DD-RSE:

1. La pensée systémique : L’inverse de l’approche en silo… « Walk the talk » qu’ils disaient! Alors commençons par nous-même et ouvrons notre travail aux autres.

2. La tolérance à l’ambigüité : Notre domaine est jeunes, tout n’est pas clair, les systèmes sont complexes…

3. La capacité à simplifier des systèmes complexes : C’est l’essence de notre travail (à venir dans un prochain billet)

4. Être humaniste : Ou croire que quand on veux, on peut… (simplification outrageuse du concept, j’en conviens…)

5. La rhétorique ( le logos, le pathos et l’éthos) : C’est l’art et la technique de persuader. « Vivre c’est vendre » comme disais un conférencier connu du Québec et même si notre idée est brillante, si nous sommes le seul à le voir, c’est qu’elle brille dans le noir. (ouf la poésie)

6. Être positif et constamment à la recherche de solutions : Il est facile de devenir fataliste dans le contexte planétaire. Nous devons garder le cap et toujours axer vers des solutions concrètes. Un ouvrage s’écrit un mot à la fois…

7. …

Les communications responsables… réflexion et sondage

Étant impliqué au Conseil Québécois des Communications pour le Développement durable (www.comdd.org), je reconnais l’importance de l’adaptation du domaine très large des communicateurs dans le projet de société que sont le développement durable et la responsabilité sociétale.

Certains discours que j’ai entendus par le passé parlaient des communications comme le quatrième pilier du développement durable (après le social, l’économique et l’environnement). Je ne suis pas un adepte de l’ajout de piliers au concept. En fait, tous les domaines de pratiques sont importants et doivent jouer un rôle important dans la modification de nos paradigmes de gestion. Évidemment, la communication du concept arrive en premier. Il faut après tout que le sujet ce rende aux parties prenantes.

Dans mes études en communication sociale, j’ai appris que le premier axiome de la communication est: « on ne peut pas ne pas communiquer ». Dans une ère d’accélération des communications et la multiplication des médiums, les organisations qui n’adressent pas les enjeux de responsabilité sociétale communiquent qu’elles ne communiquent pas sur un sujet qui est une tendance lourde dans notre société. Il y a donc urgence d’agir car l’inaction est action selon cet axiome…

Mais où en est le domaine des communications? Mon opinion est que peu de choses concrètes sont faites et que les opportunités sont titanesques. Mais comme on ne peut pas faire du neuf avec du vieux (expression québécoise), on ne peut pas non plus développer des « campagnes responsables » avec les mentalités traditionnelles.

J’ai besoin de votre aide pour approfondir deux sujets:

  1. Quelle est, selon vous, la meilleure « campagne responsable » (interne et externe) qu’une organisation a pu produire? (laissez votre réponse en commentaire)
  2. Le deuxième est comment pouvons-nous accélérer le mouvement des communicateurs pour le développement durable? (voir le sondage)

Les niveaux de maturité en développement durable

(I do not translate every article, if you’re interested in an english version, send me an e-mail)

Lors de ma dernière conférence, j’ai rapidement présenté mon humble modèle de maturité des organisations en développement durable. Bien qu’il ne soit pas infaillible, mon expérience concrète dans de grandes organisations m’a amené à le valider. Il peut être interprété tant au niveau « macro » de l’organisation qu’au niveau « micro » d’une discussion avec un nouvel adepte potentiel.

Rappelez-vous une discussion avec quelqu’un qui ne connait pas le concept…

1. Qu’est-ce que le développement durable?

2. Mais concrètement? As-tu des exemples?

3. Mais comment on intègre ça dans une organisation?

4. Mes outils de gestion ne me permettent pas d’atteindre ce type de résultats… (ie: indicateurs purement financiers…)

5. Mon modèle d’affaires n’est pas structuré de cette façon… (ie: vente d’un maximum de produits vs. relation plus long terme ou location)

L’important dans ce modèle est de reconnaître qu’une démarche de développement durable passe par plusieurs niveaux. En ce sens, il faut considérer que chaque étape nécessite un engagement de l’organisation. Sans cette adhésion, le cynisme s’intègre et on dénature souvent la démarche. Ce qui donne un sentiment de faire du « surplace ». Je vous invite à ré-évaluer votre démarche et à vous demander si vous avez l’engagement de votre organisation à ces différents niveaux.

L’éthique du développement durable

C’est à l’Université d’Hiver des communications pour le développement durable que j’ai entendu, pour la première fois, René Villemure en conférence. C’était, je dois le dire, une symphonie de mots dans un air de Niccolò Paganini. Voici une simple réflexion sur le sujet.

L’éthique… Qu’est-ce? (pour avoir une meilleure interprétation, je vous suggère une conférence de M. Villemure)

Voici l’explication de Wikipédia :
L’éthique (du grec ηθική [επιστήμη], « la science morale », de ήθος (« éthos »), « lieu de vie ; habitude, mœurs ; caractère » et du latin ethicus, la morale1) est une discipline philosophique pratique (action) et normative (règles) dans un milieu naturel et humain. Elle se donne pour but d’indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure.
La chaire en écoconseil de l’UQAC présente l’éthique dans sa grille d’analyse comme une des cinq dimensions (écologique, sociale, économique, éthique, de gouvernance) qui permet d’évaluer dans quelle mesure un projet ou une démarche d’une organisation favorise l’amélioration des conditions humaines par son action sur le réel. Ils précisent que la dimension éthique vise l’équité entre les individus et les peuples, le partage des richesses et la création de marges de manœuvre pour les générations à venir;
Bien entendu, il est précisé, comme dans d’autres modèles, que les dimensions sont indissociables.

Il est intéressant de constater que l’éthique prend également une place importante dans le récent guide international développé par ISO sur la responsabilité sociétale des organisations. La notion de « comportement éthique » est définie comme un des principes de base de la responsabilité sociétale. ISO26000 définit donc ce comportement comme un comportement conforme aux principes acceptés d’une conduite juste ou bonne dans le contexte d’une situation particulière, et en cohérence avec les normes internationales de comportement.

Ces normes sont définies comme suis :
attentes vis-à-vis du comportement d’une organisation en matière de responsabilité sociétale, procédant du droit coutumier international, de principes généralement acceptés de droit international, ou d’accords intergouvernementaux universellement ou quasi universellement reconnus
NOTE 1 Les accords intergouvernementaux comprennent les traités et les conventions.
NOTE 2 Bien que le droit coutumier international, les principes généralement acceptés de droit international et les accords intergouvernementaux s’adressent avant tout aux États, ils expriment des objectifs et des principes auxquels toutes les organisations peuvent aspirer.
NOTE 3 Les normes internationales de comportement évoluent dans le temps.

Les notes associées à ces définitions sont intéressantes puisqu’elles démontrent les particularités géographiques et culturelles des normes. De plus, l’aspect relatif est soulevé à la troisième note de la définition comme évoluant dans le temps.

J’ai souvent présenté dans mes conférences le développement durable comme une démarche ayant un impact sur les paradigmes de réalisation de nos gestes. Passant d’un questionnement de « faisons-nous bien les choses » à « faisons-nous les bonnes choses ».

Si on prend le « développement durable » comme un état d’action, n’est-il donc pas une démarche « d’éthique appliquée » d’une organisation envers la société? Une amélioration continue de nos processus visant à avoir un impact positif net sur la société?

Cette notion d’impact positif net sur la société est en émergence dans le domaine. Si l’on considère ceci, le postulat sous-jacent est que les organisations actuelles n’ont pas un impact positif net puisque les démarches de RSE sont à la quête de ce statut. Donc, ces mêmes démarches ne sont-elles pas un processus d’éthique appliquée?

La distinction entre « morale » et « éthique » me fait également penser à la distinction entre l’approche « par enjeux », prédominante dans le domaine de la RSE, et l’approche « par processus », qui est celle que nous développons dans mon équipe. (sujet d’un éventuel article…)

La méthode des 5 « pourquoi » appliquée au développement durable et à la responsabilité sociétale

Récemment, j’utilisais une méthode de la boîte à outil Lean Six Sigma, les 5 « pourquoi ». Utilisé de façon traditionnelle, cette méthode permet d’analyser un processus afin de trouver la cause fondamentale d’une inefficacité dans ce dernier.

Voici un exemple d’application de la méthode traditionnelle:
Un employé s’est blessé à la main en rattrapant son sac sur un convoyeur en marche.
Pourquoi s’est-il blessé? Car il avait laissé son sac sur un convoyeur.
Pourquoi a-t’il laissé son sac sur le convoyeur? car il n’avait pas d’autre endroit où le mettre.
Pourquoi n’avait-il pas d’autre endroit où le mettre? car il fait rarement du travail dans le secteur et il n’y a pas de méthode de travail
Pourquoi a-t’il du travailler dans ce secteur?

Et la méthode continue jusqu’à ce que l’on trouve l’inefficacité ou l’ineficience du processus. La cause fondamentale. Le « 5 » est à titre indicatif seulement.
Pour ceux qui ont des enfants, la méthode est connue… Par la suite, l’on cherche à ajuster le processus afin de l’optmiser

Mais comment extrapoler cette méthodologie en responsabilité sociétale? Premièrement, je vous invite à visionner la conférence suivante (18minutes):

TEDTalks Simon Sinek-How great leaders inspire action – Simon Sinek (2009) from Roofcamp on Vimeo.

Je vous invite à faire circuler cette vidéo dans vos équipes. Elle est très bien fait. Sinek a également un blog et il vient de publier un livre sur le sujet de cette conférence.

Maintenant, comment transférer cette méthodologie dans une démarche de développement durable? Idéalement, l’idée est de vouloir avoir une approche stratégique et même, de s’inscrire dans le processus de planification stratégique de votre organisation. Car les causes des stratégies, ou les enjeux, sont souvent mal identifiés. Ce qui amène des problèmes d’alignement de la stratégie dans les opérations.

Par exemple:
Votre organisation veut faire une campagne web d’acceptabilité sociale. Web 2.0, chaîne youtube, twitter, approche virale, etc…
C’est très louable! Maintenant, demandez-leur « Pourquoi? et demandez-le à deux niveaux, pourquoi une campagne web? et pourquoi une campagne sur l’acceptabilité sociale?
De ces deux tangeantes, l’une technique et l’autre stratégique, vous pouvez approfondir la réflexion. Continuons avec la question stratégique…
Pourquoi devons-nous faire une campagne sur l’acceptabilité sociale? Nous voulons améliorer notre image de marque. (j’oserais demander: sommes-nous innacceptable?)
Pourquoi voulons-nous améliorer notre image de marque? les sondages ne nous donne pas la place que nous méritons.
Pourquoi les sondages nous font-ils ressortir de la sorte? Ils ne nous connaissent pas assez.
Pourquoi ne nous connaissent-ils pas assez? Nous ne leur parlons pas.
Pourquoi ne leur parlons-nous pas? Je ne sais pas…

Bref, l’idée est d’approfondir la réflexion et de clarifier l’enjeu. Par la suite, cette réflexion nous permettra de mettre en place une stratégie optimale basée sur les besoins réels de notre organisation mais aussi de nos parties prenantes.

Bien sur, cette méthode est linéaire, mais elle doit être utilisée dans un contexte matricielle. Dans l’exemple, j’aurais pu développer une arborescence des pourquoi à plusieurs niveaux. Si vous utilisez cette méthode, je vous conseille d’expliquer aux intervenants le « pourquoi » de la méthode. Sinon, ils vous prendront pour un enfant de cinq ans…